Ouvrez n'importe quel article WordPress qui se hisse en première page de Google, inspectez son code : dans neuf cas sur dix, vous trouverez un H1, une poignée de H2, et des H3 rangés proprement dessous. Puis ouvrez le site d'à côté, celui qui rame à la cinquième page, et regardez : des titres en gras qui ne sont pas de vrais titres, deux H1 qui se battent en duel, des H4 orphelins sans parent. Le balisage des titres sur WordPress, c'est rarement ce qui fait gagner un référencement. C'est souvent ce qui le plombe sans qu'on s'en rende compte.
Je le dis franchement : quand j'ai commencé à auditer des sites sous WordPress, je trouvais ce sujet ennuyeux. Aujourd'hui, c'est la première chose que je vérifie. Parce que corriger une hiérarchie de titres cassée m'a déjà fait remonter des pages qui stagnaient depuis des mois. Pas de recette miracle, juste du balisage propre.
Points clés à retenir
- La balise <title> (celle de l'onglet du navigateur) et les titres H1 à H6 (ceux dans la page) sont deux choses distinctes, gérées à deux endroits différents.
- Un article = un seul H1. Sur WordPress, c'est généralement le titre de l'article lui-même, pas un bloc Titre ajouté à la main.
- Le bloc « Titre » de Gutenberg ne doit pas servir à faire joli : pour agrandir du texte, on utilise la mise en forme, pas un niveau de titre.
- Beaucoup de thèmes génèrent un H1 sur le logo ou le nom du site : c'est le doublon le plus courant et le plus invisible.
- Les plugins SEO (Yoast, Rank Math, SEOPress) gèrent la balise title et la meta description, pas la hiérarchie Hn du contenu.
Balise title et titres Hn : arrêtons de tout confondre
La confusion est partout. On parle de « balisage des titres » et les gens mélangent deux mondes qui n'ont rien à voir. D'un côté, la balise <title> : celle que vous voyez dans l'onglet du navigateur et dans le résultat Google. De l'autre, les balises H1 à H6 : celles qui structurent le contenu visible de la page. Elles ne se pilotent pas au même endroit, et confondre les deux mène droit à des corrections qui ne servent à rien.
La balise title, celle que Google affiche
Sur WordPress, vous ne la tapez pas dans l'éditeur. Elle est générée par le thème ou par un plugin SEO. Par défaut, c'est souvent le titre de l'article suivi du nom du site. Exemple concret : Balisage des titres WordPress — Mon Blog. C'est cette chaîne qui apparaît dans les résultats de recherche, et c'est elle qui influence le taux de clic.
Sa longueur ? Environ 60 caractères avant que Google ne tronque. Je dis « environ » parce que la limite dépend de la largeur des lettres : un titre plein de « i » et de « l » tiendra plus longtemps qu'un titre en majuscules grasses. Dans les plugins, un compteur vous prévient, mais il est indicatif. Ne vous acharnez pas à le faire passer au vert coûte que coûte.
Un exemple de ce que je vois trop souvent : Accueil - Mon Blog sur la page d'accueil. Google n'a aucune raison de vous afficher pour cette requête. Un title qui ne dit rien, c'est une place dans les résultats offerte à quelqu'un d'autre.
Les titres Hn, ceux qui vivent dans la page
Là, on parle du contenu. Les balises H1 à H6 créent une hiérarchie lisible pour les lecteurs, les moteurs et les lecteurs d'écran. Une page bien balisée, c'est un H1 unique, des H2 pour les grandes sections, des H3 pour les sous-parties. Point.
Le reste — H4, H5, H6 — ne sert presque jamais. Si vous avez besoin d'un H4, c'est souvent que votre plan est trop profond, pas que vous manquez de niveaux. J'ai audité un site de formation en ligne qui descendait jusqu'au H5 sur une seule page. Le H2 était utilisé pour les noms de modules, le H3 pour les leçons, le H4 pour les points clés, le H5 pour... rien de cohérent. Résultat : un lecteur d'écran annonçait une structure incompréhensible.
La mise en œuvre concrète dans Gutenberg
Le vrai problème, ce n'est pas de comprendre la théorie. C'est de la respecter dans l'éditeur de blocs de WordPress, où il suffit d'un clic sur « H3 » pour casser une hiérarchie sans le voir.
Le bloc Titre et ses niveaux
Dans Gutenberg, vous ajoutez un bloc « Titre » et vous choisissez son niveau dans la barre latérale ou dans le menu du bloc. C'est propre, c'est net. Le piège, c'est l'habitude : on prend un bloc Paragraphe, on met le texte en gras, on augmente la taille de police à 28, et on croit avoir fait un titre. Sauf que dans le code, c'est un <p>. Google ne le lit pas comme un titre. Les lecteurs d'écran non plus.
Autre erreur classique : utiliser un H3 avant un H2. Visuellement, ça peut passer si le thème donne au H3 une taille plus grande que le H2 (certains le font, allez savoir pourquoi). Mais pour la machine, votre sous-section arrive avant sa section. C'est comme mettre le sommaire au milieu du livre.
En pratique, la règle que j'applique et que je répète à chaque formation :
- Le titre de l'article est déjà un H1. N'en rajoutez jamais un dans le corps du texte.
- Chaque grande partie de l'article = un bloc Titre niveau H2.
- Sous-partie = H3. Sous-sous-partie : vous n'en avez pas besoin.
- Pour un encadré, une citation, un mot en évidence : jamais de bloc Titre. Utilisez une citation, une mise en gras, un paragraphe. Un titre doit intituler quelque chose de structurant.
Diagnostiquer le double H1 du thème
C'est le point que personne ne mentionne jamais. Vous avez un H1 unique dans votre article, tout va bien. Sauf que votre thème en génère un deuxième sur le logo ou sur le nom du site en en-tête. Et là, Google voit deux H1 qui se disputent la vedette.
Comment vérifier ? Ouvrir la page publiée, faire un clic droit, « Afficher le code source », et chercher <h1. Vous en trouvez un pour le logo, un pour le titre. Deux. C'est fréquent, ce n'est pas dramatique pour le référencement, mais c'est inutile et ça brouille la structure pour les lecteurs d'écran.
La correction passe par le thème, pas par l'éditeur. Certains thèmes ont une option pour transformer le titre du site en <p> ou en <div> ; sinon, il faut intervenir dans le template. Si vous n'êtes pas à l'aise avec le code, un développeur règle ça en dix minutes. J'ai vu ce cas sur un site d'artisanat : deux H1 sur chaque page, corrigé en changeant un seul fichier de thème. Le trafic n'a pas bondi d'un coup, mais la clarté du code, si.
Quel outil pour quel réglage ?
Les plugins SEO ne font pas tout. Voici comment ils se répartissent le travail concrètement :
| Ce que vous voulez régler | Où ça se passe | Plugin utile ? |
|---|---|---|
| Le texte affiché dans l'onglet et dans Google (balise title) | Plugin SEO ou fonctions du thème | Oui, Yoast, Rank Math, SEOPress |
| La description sous le lien dans les résultats (meta description) | Plugin SEO | Oui |
| La hiérarchie H1/H2/H3 du contenu | Éditeur Gutenberg | Non, c'est vous et vous seul |
| Le H1 du logo ou du nom du site | Template du thème | Non |
| La prévisualisation du résultat Google | Plugin SEO (aperçu SERP) | Oui |
Ce tableau m'a servi de pense-bête pendant des mois. Il y a une chose à comprendre : aucun plugin ne va vous dire « attention, votre H3 arrive avant votre H2 ». Ils ne lisent pas la structure sémantique du contenu, ils lisent les métadonnées. La hiérarchie des titres, c'est votre responsabilité de rédacteur ou d'éditeur.
Ce qui distingue un bon titre d'un titre creux
Un titre qui ne dit rien, c'est une occasion manquée. « Nos services » n'apprend rien à personne. « Rénovation de toiture à Nantes : ce que prévoit votre devis » situe, informe, donne envie.
Trois critères concrets, tirés de ce que je vois fonctionner :
- Le mot-clé principal placé naturellement, plutôt en début de titre. Pas besoin de le répéter deux fois.
- Une promesse claire : que va apprendre le lecteur ? Une question, un chiffre, un bénéfice.
- Une longueur qui tient dans l'affichage : pour la balise title, visez moins de 60 caractères ; pour un H2 dans la page, aucune contrainte technique mais restez lisible.
Et surtout : ne confondez pas le titre SEO (balise title) et le titre affiché (H1). Ils peuvent être différents. Un H1 peut être accrocheur et long ; la balise title, elle, doit être calibrée pour le résultat de recherche. Je fais souvent des H1 plus « parlants » et des titles plus « requête ». Ça marche, et ça n'a rien de contradictoire.
Trois erreurs que j'ai faites et que je ne refais plus
Avouons-le, on apprend en cassant des choses. J'ai longtemps utilisé des blocs Titre pour faire des encadrés visuels, en me disant que c'était plus rapide. Résultat : des H3 qui ne structuraient rien, et un article dont la hiérarchie ressemblait à un escalier branlant. Corrigé en une heure, il m'a fallu trois mois pour admettre que c'était une erreur.
Deuxième erreur : laisser WordPress générer des balises title automatiques sans jamais les relire. Sur un site client, toutes les pages affichaient « Page - Nom du site ». Rien de plus. J'ai cru que c'était un problème de plugin, c'était juste que personne n'avait jamais renseigné les titles. Une demi-journée de saisie a réglé le problème.
Troisième : ignorer les lecteurs d'écran. J'ai testé une page au lecteur vocal, et entendre un H5 suivi d'un H2 suivi d'un H4 sans logique, ça fait mal aux oreilles. Un site accessible, c'est un site dont la structure se tient toute seule. Ce n'est pas un supplément d'âme, c'est de la propreté.
Le balisage des titres sur WordPress ne demande aucune compétence technique avancée. Il demande de la rigueur et un peu d'attention à ce qu'on est en train de faire. Un H1, des H2 pour les sections, des H3 pour les sous-sections, et la discipline de ne pas détourner le bloc Titre pour faire joli. C'est tout. Et c'est déjà beaucoup.
La prochaine fois que vous ouvrez l'éditeur, jetez un œil à votre barre latérale. Le niveau du bloc est indiqué. C'est là que tout se joue.